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Une nouvelle fois étincelant face au RCT en Champions Cup, Emmanuel Meafou a remporté haut la main son duel de titans avec le Toulonnais David Ribbans dimanche dernier. Une prestation taille patron, une de plus pour l’international tricolore, désormais habitué aux honneurs de l’homme du match. Mais alors qui est vraiment ‘Manny’, ce joueur arrivé sur la pointe des pieds, et qui s’impose aujourd’hui comme une référence planétaire à son poste ?

Une nouvelle fois étincelant face au RCT en Champions Cup, Emmanuel Meafou a remporté haut la main son duel de titans avec le Toulonnais David Ribbans dimanche dernier. Une prestation taille patron, une de plus pour l’international tricolore, désormais habitué aux honneurs de l’homme du match. Mais alors qui est vraiment ‘Manny’, ce joueur arrivé sur la pointe des pieds, et qui s’impose aujourd’hui comme une référence planétaire à son poste ?
“On sait très bien que sans eux, on ne serait rien”. Avant même le coup d’envoi du choc face à Toulon, Romain Ntamack rendait hommage à ses avants. Un huit de devant qui a, une fois encore, tenu son rang à Mayol, emmené par un Emmanuel Meafou au sommet de son art. Puissant, propre techniquement et d’une justesse rare ballon en main, le géant toulousain a rayonné. Avec 13 courses, 3 défenseurs battus, 4 offloads et 2 turnovers, il a survolé les débats sur le Rade et ne cesse de monter en puissance depuis son arrivée à Toulouse en 2018.
Né en Nouvelle-Zélande de parents samoans, un destin sportif semblait écrit d’avance pour le natif d’Otahuhu. Comme quoi l’héritage du ballon ovale coule dans ses veines, telle une évidence génétique. Après un déménagement à Sydney dès l’âge de deux ans, c’est pourtant sur la côte ouest australienne que le jeune Meafou développe sa première passion : le rugby à XIII. Une discipline reine dans le Queensland, terre de rugby treiziste par excellence, où pas moins de neuf clubs évoluent au plus haut niveau de la NRL - soit plus de la moitié du championnat.
Les Bulldogs, les Sharks, les Panthers ou encore les Rabbitohs… tout laissait croire qu’un avenir dans une grosse cylindrée du XIII l’attendait. Mais c’est finalement à XV que Meafou éclot, presque par hasard, dans les rangs de l’Ipswich Grammar School à Brisbane. Il découvre ce nouveau format sur le tard, à 16 ans seulement, mais sa progression est fulgurante. Quatre ans plus tard, le deuxième ligne colosse franchit un cap de taille en rejoignant le Centre de Formation du Stade Toulousain. Le début d’une nouvelle trajectoire, cette fois bien tracée.
Toulouse, le coup de foudre
Arrivé en France en décembre 2018, le jeune Meafou débarque alors à Toulouse et intègre très rapidement le groupe pro. Dès la saison 2020-2021, il devient en effet un élément majeur de l’effectif d’Ugo Mola et se distingue lors d’une campagne dorée côté Rouge et Noir. Avec 23 rencontres à son actif, le kiwi de naissance écrit les premières lignes de son palmarès aux bords de la Garonne, remportant le Bouclier de Brennus et contribuant à la cinquième étoile européenne des siens. Des débuts de rêve en Europe.
Avec ses mains sûres et son impact physique dans le jeu courant, Meafou impressionne. Des prestations XXL pour ses premiers matchs en France, qui ne vont pas s’arrêter là. Bien au contraire. Clé de voûte du pack toulousain, le néo-occitan confirme son évolution d’ores et déjà impressionnante lors de la saison 2022-2023, ponctuée par 30 apparitions et un troisième titre de champion de France au compteur.
Meafou, le rêve bleu
Ambitieux, Meafou l’est aussi dans les mots : “Je suis là pour être titulaire. Pour être le meilleur deuxième ligne du monde. Je ne suis pas là pour être dans un groupe, sur le banc”, confiait-il sans détour au journal Sud-Ouest. Des ambitions claires, qui vont pousser le géant toulousain jusqu’aux portes de l’équipe de France, lui qui était scruté de près par le staff des Bleus. À 26 ans, il incarne parfaitement cette nouvelle génération de joueurs capables de mêler puissance, technique, mobilité… et aspirations. Le profil parfait pour briller au plus haut niveau.
Deux mètres trois, 145 kg. Des mensurations qui en imposent. Doté d’un gabarit hors-normes, Fabien Galthié fait en effet du numéro 5 sa priorité avant la Coupe du Monde en 2023. Un rêve qui va pourtant s’effondrer lorsque World Rugby refuse sa demande d’éligibilité avec le XV de France, encore trop tôt pour postuler avec les Bleus. Après une longue attente, plus d’un an plus tard, l’ancien de Sydney va enfin avoir l'opportunité de vêtir le maillot frappé du Coq le 10 mars 2024 contre le Pays de Galles au Principality Stadium, marquant ainsi ses débuts tant attendus.
De la Gold Coast aux pelouses du Tournoi des 6 Nations, Emmanuel Meafou n’a sans doute pas connu le parcours le plus traditionnel qui soit, mais se dresse aujourd’hui comme une référence au poste. Indéboulonnable.