Advertisement
Décisif face à Castres, Ma’a Nonu est devenu, ce samedi soir, le joueur le plus âgé à marquer un essai en Top 14. Une performance inédite pour ce monument du rugby mondial, toujours aussi impressionnant de puissance et de détermination. Des Hurricanes au Rugby Club Toulonnais, en passant par les All Blacks, retour sur une carrière hors normes.

Décisif face à Castres, Ma’a Nonu est devenu, ce samedi soir, le joueur le plus âgé à marquer un essai en Top 14. Une performance inédite pour ce monument du rugby mondial, toujours aussi impressionnant de puissance et de détermination. Des Hurricanes au Rugby Club Toulonnais, en passant par les All Blacks, retour sur une carrière hors normes.


Jaminet M. (51'), Tuicuvu S. (56'), Isa F. (71'), White B. (73'), Nonu M. (78'), Wainiqolo J. (81')
Tries
Papalii A. (19'), Fernandez J. (59')
Jaminet M. (51', 71', 73', 78'), Serin B. (57')
Conversions
Palis G. (20'), Fernandez J. (60')
Jaminet M. (13', 28', 37', 40')
Penalties
Palis G. (35'), Fernandez J. (42', 54')
C’est tout en puissance que Ma’a Nonu a inscrit, ce samedi, son premier essai depuis 2018 sous le maillot du Rugby Club Toulonnais. Un essai à son image : tranchant, rugueux, spectaculaire… Placé en premier attaquant après une mêlée dominatrice de son paquet d’avants, l’international néo-zélandais, fidèle à sa réputation, a tout emporté sur son passage. Trop puissant, trop déterminé pour Santi Arata, le demi de mêlée uruguayen pourtant réputé pour sa solidité, Nonu a effacé son vis-à-vis avant de s’étendre dans l’en-but. Une réalisation entrée dans la légende, sept ans après son dernier essai en Top 14, déjà face à ces mêmes castrais.
Revenu en cours de saison comme joker médical, Nonu s’est fondu dans le collectif toulonnais avec une humilité exemplaire. Jusqu’ici peu utilisé, il s’était contenté de brèves apparitions, toujours avec la même implication. Face à Castres, il a enfin eu l’opportunité de briller à nouveau… et n’a pas manqué son rendez-vous. Ce moment, salué par un stade Mayol debout, a valeur de symbole : celui d’un homme qui ne joue plus pour la gloire, mais par amour du jeu. Et qui, malgré le poids des années, continue de briller.
Un parcours XXL
Né à Wellington et révélé chez les Hurricanes en Super Rugby, Nonu est très vite devenu une pièce maîtresse des All Blacks. Redoutable attaquant, maître des duels au centre du terrain, il forme avec Conrad Smith l’une des paires de centres les plus emblématiques de l’histoire du rugby. Un profil qui tape dans l’œil du RCT après sa retraite internationale en 2015.
Après une décennie au sommet du rugby mondial, le célèbre numéro 12 entame alors une nouvelle aventure en Europe. Dans un club en quête de relance après sa période dorée, il s’impose comme un cadre aussi précieux sur le terrain que dans les vestiaires. Si ses deux passages à Toulon, entre 2015 et 2021, sont entrecoupés de séjours aux États-Unis et de retours ponctuels au pays, la Rade, elle, ne l’oubliera jamais.
En 2024, alors que tout semblait derrière lui, le RCT fait appel à ses services une dernière fois. Renfort de courte durée dans un effectif décimé, Nonu répond présent avec humilité et détermination. Peu utilisé mais irréprochable, il transmet son expérience avec la même rigueur qu’à ses débuts. Et lorsqu’il a l’occasion de s’exprimer, comme samedi, il saisit l’instant. Son essai face à Castres est, certes, anecdotique dans la course au titre, mais il restera dans les annales. Comme un clin d’œil au temps qui passe.
Un dernier défi


Avec ses deux Coupes du monde (2011, 2015), ses cinq titres dans le Tri-Nations et ses 103 sélections avec les All Blacks, Ma’a Nonu a déjà tout gagné, ou presque. Tout… sauf un titre de champion national. Qualifié en demi-finale avec les Rouge et Noir, voilà peut-être le dernier grand défi de taille pour celui qui n’a jamais remporté le moindre trophée domestique : aider Toulon à décrocher le tant convoité Bouclier de Brennus.
Malheureux finaliste avec les Hurricanes en Super Rugby (2006, 2015), Toulon en Top 14 (2016, 2017) et San Diego en Major League Rugby (2023), l’ancienne gloire néo-zélandaise pourrait enfin briser la malédiction de ses cinq finales perdues. L’occasion rêvée de conclure une carrière hors normes par un titre symbolique et d’écrire une ultime page de sa légende. Comme une dernière démonstration qu’un grand joueur ne perd jamais sa magie.