Matthieu Jalibert : le meilleur 10 au monde ?
Il ne lui aura peut-être manqué qu’un trophée d’homme du match, raflé par son complice Maxime Lucu, pour couronner une prestation magistrale. Mais ce samedi, dans l’enceinte bouillonnante du Principality Stadium, Matthieu Jalibert a une nouvelle fois brillé, guidant l’UBB vers un sacre européen historique. En pleine forme depuis plusieurs mois, l’ouvreur bordelais s’impose naturellement comme l’un des joueurs les plus décisifs du rugby mondial. Mais peut-on aujourd’hui parler du meilleur demi d’ouverture de la planète ? La question a le mérite d’être posée.

Il ne lui aura peut-être manqué qu’un trophée d’homme du match, raflé par son complice Maxime Lucu, pour couronner une prestation magistrale. Mais ce samedi, dans l’enceinte bouillonnante du Principality Stadium, Matthieu Jalibert a une nouvelle fois brillé, guidant l’UBB vers un sacre européen historique. En pleine forme depuis plusieurs mois, l’ouvreur bordelais s’impose naturellement comme l’un des joueurs les plus décisifs du rugby mondial. Mais peut-on aujourd’hui parler du meilleur demi d’ouverture de la planète ? La question a le mérite d’être posée.
Déjà étincelant face à Toulouse en demi-finale, où il avait fait taire bon nombre de ses détracteurs, Jalibert a récidivé en finale face à Northampton. Sur la pelouse galloise, il a rendu une partition quasi parfaite, dans le sillage d’une campagne européenne où il n’a cessé de faire parler son talent. Trois semaines après sa démonstration au Matmut Atlantique, voilà le maestro girondin qui a une nouvelle fois répondu présent dans un match à très haute intensité.
“Je pense que c’est évident en ce moment que Matthieu Jalibert est le meilleur 10 du monde.” Ces mots signés Noel McNamara, entraîneur de l’attaque bordelaise, résonnaient en amont de la finale. Difficile de lui donner tort après la prestation livrée par son stratège. Dès les premières minutes, le maître à jouer girondin a dicté le tempo, enchaînant les passes chirurgicales, les inspirations lumineuses et les accélérations foudroyantes. L’essai d’Adam Coleman, qu’il crée en mystifiant pas moins de cinq défenseurs anglais en est l’exemple parfait et restera comme l’un des gestes forts de cette finale de Champions Cup 2025.
Un match plein, à tous les niveaux
Attendu au tournant ce samedi, il n’a pas déçu. Longtemps considéré comme un talent irrégulier, capable du meilleur comme du pire, Jalibert semble avoir franchi un cap. Plus constant, plus juste dans ses choix, il s'affirme match après match comme un leader technique capable de sublimer son équipe sur les plus grandes scènes. Critiqué, l’international bleu semble avoir trouvé l’équilibre. Et si le sacre de l’UBB porte la signature d’un collectif en fusion, il est aussi, incontestablement, le sien.
Décisif d’entrée avec un jeu au pied parfait qui amène le premier essai de Damian Penaud, il alterne ensuite à merveille phases de pression et fulgurances offensives. Puis vient cette action d’école où, entre deux crochets, il met sur orbite Adam Coleman. Largement applaudi par les supporters girondins massés à Cardiff, Jalibert régale. Et comme un symbole, c’est sur une action initialement mal maîtrisée qu’il parvient, une fois encore, à créer le danger pour le troisième essai girondin, illustrant cette capacité rare à transformer chaque situation en opportunité. “Même ce qu’il loupe est génial”, a résumé avec malice l’ancien ouvreur du XV de la Rose Stuart Barnes. Ce samedi, rien ne pouvait l’arrêter. Transcendé par l’enjeu, le natif de Saint-Germain-en-Laye a véritablement illuminé la rencontre de bout en bout.
Ouvreur de référence ?
À 26 ans, le jeune joueur issu du Centre de Formation semble désormais arrivé à pleine maturité. Pour son président Laurent Marti, la réponse ne fait donc aucun doute : “Il n’y a pas un meilleur demi d’ouverture dans le monde que Matthieu Jalibert”. Un avis bien tranché, mais difficilement contestable au vu des performances récentes de l’ouvreur français. Face à des cadors du poste comme Beauden Barrett, Richie Mo’unga, Finn Russell, Romain Ntamack ou encore le jeune Sacha Feinberg-Mngomezulu, Matthieu Jalibert tient plus que jamais la comparaison. Et souvent plus que ça… 76 points inscrits, 18 offloads, 17 défenseurs battus, 331 mètres parcourus ballon en main et pas moins de 11 passes décisives, ses statistiques européennes parlent d’elles-mêmes : une campagne tout simplement stratosphérique.
Mais au delà de son génie, c’est bien le contexte qui rend cette performance encore plus significative. En mars dernier, il quittait la pelouse de Twickenham, abattu, après une prestation décevante en Bleu. Trois mois plus tard, le voilà conquérant à Cardiff, en patron, prêt à réclamer sa place parmi les plus grands. Champion d’Europe, homme fort de la finale et artisan majeur du succès bordelais : Matthieu Jalibert a pris sa revanche.
Au Principality, le maestro de l’Union Bordeaux-Bègles s’était donné rendez-vous avec l’Histoire et c’est un contrat plus que rempli pour le jeune joueur, qui peut désormais s’asseoir à la table des plus grands !