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Entre son départ des Saracens, une pige ratée au Racing 92, un retour précipité en Angleterre et, contre toute attente, une sélection surprise avec les Lions pour la tournée en Australie, l’ancien capitaine du XV de la Rose a traversé une saison aussi mouvementée qu’improbable. Retour sur une année où tout semblait s’effondrer… avant la résurrection.
Le 31 mai 2024, c’était un Owen Farrell ému qui quittait la pelouse de Franklin’s Gardens, les souvenirs plein la tête. Titulaire avec les Saracens pour ce qui devait être la dernière rencontre de son illustre carrière au club, l’ouvreur anglais échouait aux portes d’une nouvelle finale de Premiership face à Northampton. Une fin cruelle, qui mettait un terme à 16 années de fidélité avec la formation londonienne. Leader charismatique et symbole d’une génération des Sarries qui a tout remporté, il y avait tout donné. Mais l’heure était venue de prendre son envol. Motivé par une volonté de se “challenger autrement” et d’ouvrir un nouveau chapitre, il annonçait à la surprise générale son départ du Stone X Stadium. La fin d’une ère pour celui qui est devenu une véritable légende vivante en rouge et noir.
Mais quel avenir pour l’expérimenté numéro 10 ? En quête d’un nouveau défi loin des siens, c’est alors en France qu’il a posé ses bagages. Le Racing 92, toujours avide de stars internationales, saisissait l’opportunité de signer en Farrell l’une des grandes attractions du championnat. Auréolé de ses 112 sélections avec l’Angleterre et une armoire à trophée bien remplie, il débarquait à Paris en figure de proue. Sur le papier, l’union semblait idéale.
Une expérience parisienne qui vire au fiasco
Si l’excitation était alors au rendez-vous avant ses débuts en Top 14, l’euphorie est vite retombée… Dès ses premières apparitions sous le maillot ciel et blanc, Farrell peine à imposer son style. Les automatismes tardent, son jeu au pied manque de précision et son langage corporel trahit un certain malaise. Loin de ses repères, il paraît perdu dans un système qui ne le valorise pas.
Arrivé comme la recrue phare de Stuart Lancaster, l’ancien métronome des Sarries se retrouve rapidement relégué après le départ précipité de son ancien sélectionneur. De quoi nourrir les frustrations côté francilien. Peu utilisé par Patrice Collazo et freiné par une pubalgie qui l’éloignera des pelouses pendant plus de quatre mois, il ne parviendra jamais à répondre aux immenses attentes qui accompagnent son étiquette de joueur le mieux payé du championnat (800 000 € par an)…
Moins d’un an après son arrivée, Farrell quitte donc le Racing 92 par la petite porte, six mois avant la fin de son contrat. 14 petits matchs en tant que titulaire pour 41 points, le bilan ne fait pas bonne lecture.
Retour au bercail
Forcément déçu par cette escapade manquée, Faz’ choisit alors de revenir là où tout a commencé. Le retour de l’enfant prodige ! Accueilli comme un héros malgré une saison décevante, le vice-champion du monde retrouve un cadre familier. Une bouffée d’oxygène après des mois sous tension. "Les Saracens sont ma maison et l’opportunité de revenir me réjouit énormément”, a-t-il lancé dans le communiqué officiel du club au mois de juin dernier. “Après avoir suivi de loin cette saison, je constate clairement que le club a un potentiel incroyable et j’ai hâte de retrouver le groupe pour la saison 2025/2026”.
Débarqué avec le statut de star internationale en Île-de-France, il n’aura donc finalement jamais marqué de son empreinte le rugby français et comptera sur son retour au pays pour retrouver de sa superbe. Avec 6 titres de Premiership, 3 Champions Cup et un trophée de meilleur joueur européen en 2017, il a déjà tout gagné avec les Sarries. Peut-il encore les conduire vers de nouveaux sommets ? C’est tout l’enjeu de ce nouveau passage au nord de la capitale.
Un Lion surprise
Jamais très loin des projecteurs, Owen Farrell a de nouveau fait couler de l’encre cet été, lui qui connaît une dernière année pleine de rebondissements. Appelé en dernière minute pour remplacer Elliot Daly, blessé, il intègre la tournée des Lions britanniques et irlandais en Australie. Une sélection surprise qui a immédiatement fait polémique, certains dénonçant un possible favoritisme dû au rôle de sélectionneur occupé par son père, Andy Farrell.
Mais sur le terrain, le capitaine historique de la sélection anglaise a rapidement fait taire les sceptiques. Utilisé comme impact player lors des premières rencontres, il a ensuite brillé par son sang-froid, son leadership et sa vista qui a souvent fait mouche dans les moments clés, au point de devenir une solution incontournable en fin de match. Promu remplaçant de luxe pour les deux derniers tests, il hérite même du brassard de capitaine lors du match de préparation face aux First Nations & Pasifika XV. Un symbole fort d’une confiance retrouvée.
Pour le natif de Wigan, cette tournée sonne donc comme une véritable résurrection, après une saison 2024-2025 marquée par les blessures, les critiques et les performances en demi-teinte avec son club francilien. À 33 ans, il a encore prouvé qu’il n’a rien perdu de sa science du jeu et qu’il reste une référence absolue au poste. Chez les Farrell, le nom ne fait pas tout : seul le talent parle vraiment.