Advertisement

Si les Bleus se sont inclinés sur la pelouse d’Hamilton ce samedi matin, ils auront longtemps fait douter les All Blacks lors de ce dernier test de l’été. Un choc qui, s’il n’a pas tourné en faveur des hommes de Fabien Galthié, leur permet néanmoins de repartir en France la tête haute.


Jordan (21'), Lienert-Brown (42'), Kirifi (58'), McAlister (75')
Tries
Garrec (7')
McKenzie (22', 43', 76')
Conversions
Garrec (8')
McKenzie (30')
Penalties
Garrec (19', 33', 36')
Drop Goals
Hastoy (23')
Si près, si loin… C’est un peu l’histoire de cette tournée estivale : prometteuse, mais terriblement frustrante pour les Bleus. Une nouvelle défaite au goût amer, certes, mais riche d’enseignements pour un groupe largement remanié.
Après une première défaite honorable à Dunedin, puis une lourde correction à Wellington, les Tricolores avaient à cœur de conclure en beauté ce dernier affrontement face aux All Blacks. Et malgré la défaite, le contrat est rempli dans le Waikato. Fidèles à ce qu’ils ont montré tout l’été, les Français ont frappé les premiers, grâce à un essai tout en malice de Nolann Le Garrec, venu conclure une séquence dynamique et un ballon porté efficace. Devant au score, les Bleus ont ensuite livré une première période quasi-parfaite, menés par un Antoine Hastoy inspiré, pour virer en tête à la pause. Une démonstration de maîtrise et de sang-froid, bien trop souvent absente lors des deux précédentes rencontres.
“Ça fait cinq semaines que nous sommes partis. Les gars ont vraiment bossé. Ils ont encaissé. Ils ne disent rien. Et ils seront là samedi”, avait confié Fabien Galthié à la presse. “C'est une tournée très, très difficile, c'est un pari qui semble impossible, mais ils sont toujours là et ils veulent le relever”. En effet, Ce dernier test avait été ciblé comme l’occasion de finir sur une note positive, et le moins que l’on puisse dire, c’est que les joueurs frappés du coq ont marqué les esprits au FMG Stadium. Grâce à trois pénalités du demi de mêlée et un drop inspiré d’Antoine Hastoy, les Bleus menaient 19-17 à la pause. Un avantage qui aurait même pu être plus conséquent…
Deux essais assassins
Si les Bleus peuvent être fiers de leur première période, les regrets sont à la hauteur du scénario final. Deux essais encaissés au pire moment, dont un juste avant la pause, sont venus gâcher une prestation jusque-là très solide. À la mi-temps, l’avance tricolore n’était que de deux petits points : insuffisant pour espérer faire tomber la deuxième nation mondiale.
Sur un coup de pied astucieux de Cortez Ratima, qui surprend toute l’arrière-garde française, Will Jordan file inscrire son 42ème essai en 44 sélections. Une action qui relance des All Blacks malmenés (10-0). Le début du réveil néo-zélandais ? Pas vraiment.
Si l’on pouvait donc croire à un retournement total, la suite du match fut tout sauf un long fleuve tranquille, bien loin de leur démonstration au Sky Stadium une semaine plus tôt. Face à une défense tricolore héroïque, hermétique par moments, les triple champions du monde n’ont jamais vraiment pris le contrôle du match… jusqu’aux dernières minutes du premier acte, où elle finit par céder cruellement. Alors que le chronomètre affichait rouge, l’avance française s’évapore et les locaux reviennent quasiment à hauteur.
Une deuxième période à sens unique
Contrairement au deuxième test, où les partenaires de Gaël Fickou (capitaine) n’avaient existé que durant la seconde mi-temps, c’est cette fois la reprise qui leur aura été fatale. Totalement dominés, les hommes en blanc n’ont inscrit aucun point en seconde période. Un silence offensif qui enterre les derniers espoirs d’exploit…
Et s’il fallait désigner un facteur-clé de cette domination néo-zélandaise ? Ce serait sans conteste l’entrée en jeu de Jordie Barrett. Remplaçant au coup d’envoi, le centre du Leinster a vite fait sentir son impact. Maître à jouer, défenseur décisif et surtout auteur d’une percée magistrale offrant l’essai de la victoire à Brodie McAlister, le centre aux 71 capes a presque changé le cours de cette rencontre à lui seul. Du génie.