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Comme déjà évoqué dans la première partie, les écuries du Top 14 ont été nombreuses à s’activer sur le marché des transferts cet été. Des renforts de taille, dans tous les secteurs de jeu, qui devront ravir les amateurs de l’élite.
Si les avants sont en effet souvent désignés comme les bâtisseurs de la victoire, les lignes arrière en sont les artistes. Avec déjà un bon nombre de stars dans ses rangs, le Top 14 s’est aussi offert quelques pépites de classe mondiale pour dynamiser ses trois-quarts. Centres dynamiques, ailiers électrisants, demi de mêlées stratèges… les clubs français ont frappé fort pour briller balle en main. Coup de projecteur, dans ce deuxième épisode des plus grosses recrues estivales, sur les cinq arrières qui ont marqué ce mercato 2025/2026.
Juan Ignacio Brex, RC Toulon
C’est un nom qui résonne avec une intensité toute particulière dans le paysage du rugby européen. En s’attachant les services d’Ignacio Brex, le Rugby Club Toulonnais réalise l’un des plus jolis coups de l’été. Un renfort au coeur de l’attaque, qui n’est pas passé inaperçu aux bords de la Rade.
À 33 ans, l’argentin naturalisé italien débarque dans le Var fort d’une réputation solidement construite entre Trévise et les pelouses internationales. Ancien joueur de rugby à 7 pour les Pumas, Brex s’est affirmé comme un pilier incontournable de la sélection italienne, formant avec Tommaso Menoncello l’une des paires de centres les plus redoutées du circuit mondial. Solide en défense, incisif en attaque et perforateur en attaque, il allie la fougue sud-américaine à la rigueur tactique, acquise en Europe depuis 2017. Un mélange parfait pour un club qui, lui aussi, représente fièrement ses racines.
Polyvalent, capable d’évoluer aussi bien en 12 qu’en 13, l'ancienne star de Benetton s’inscrit donc dans la lignée des centres complets. Lui qui vient combler le vide laissé par Leicester Fainga’anuku, reparti en Nouvelle-Zélande après deux saisons convaincantes dans le sud-est. Pour Toulon, qui aspire à retrouver les sommets, l’international transalpin pourrait bien devenir le nouveau métronome de la ligne de trois-quarts. Un joueur de caractère, expérimenté, taillé pour la scène du Top 14.
Davit Niniashvili, La Rochelle
C’est une signature loin d’être anodine pour le Stade Rochelais : Davit Niniashvili, prodige géorgien de seulement 23 ans, pose ses valises en Charente-Maritime. Courtisé par plusieurs grosses écuries européennes, c’est finalement les double champions d’Europe qui décrochent la timbale, ajoutant à leur effectif une pépite aussi spectaculaire que prometteuse.
Révélé très tôt avec la sélection de “Los Lelos”, Niniashvili s’est vite dévoilé comme l’un des plus grands talents de sa génération. Électrique, insaisissable et ultra-dynamique en un contre un, il s’est également imposé en Top 14 avec le LOU, où il a brillé par sa capacité à faire basculer un match à lui seul. Capable d’évoluer à l’aile comme à l’arrière, il excelle dans les relances, adore casser les lignes et n’hésite pas à allumer la mèche depuis le fond du terrain. Un profil de “maverick”, qui semble correspondre à merveille aux Maritimes…
Dans un club habitué aux joutes européennes, l’arrivée du jeune Géorgien apporte alors une dose de folie offensive bienvenue à des Bagnards qui veulent retrouver les sommets. Désormais orphelin de Teddy Thomas et Brice Dulin, Ronan O’Gara s’offre un nouvel arrière de classe internationale, prêt à faire lever les foules de Deflandre. Une nouvelle pièce maîtresse XXL dans son puzzle offensif !
Mais Niniashvili, c’est aussi un joueur en constante progression. Plus solide dans les airs, plus sûr défensivement, il a enrichi son jeu saison après saison, jusqu’à devenir l’un des cadres d’une sélection géorgienne en pleine ascension. Si son profil explosif et imprévisible colle parfaitement à l’ADN rochelais, il apportera, sans aucun doute, une certaine stabilité à l’arrière garde.
Juita Wainiqolo, LOU Rugby
Sensationnelle, explosive, dévastatrice : l’arrivée de Jiuta Wainiqolo au LOU est sans doute l’une des plus excitantes du mercato. Star des Flying Fijians, le trois-quarts aile de 26 ans quitte le RC Toulon pour rejoindre la cité des Gones, bien décidé à prendre une nouvelle dimension sous les couleurs lyonnaises.
Formé dans le rugby à 7, où il a affolé les compteurs avec sa pointe de vitesse et ses appuis supersoniques, Wainiqolo a conservé de cette école la capacité à créer des différences dans les petits espaces. Un fait d’arme majeur, qui s’est notamment illustré en cette fin de saison, nous gratifiant de plusieurs essais tout en soliste.
Impressionnant par séquences à Toulon, Wainiqolo n’a jamais pu réellement s’imposer durablement comme un titulaire indiscutable. Lui qui par moment était de la tête et des épaules le meilleur joueur sur la pelouse côté rouge et noir. Trop irrégulier pour espérer plus sur la Rade, c’est alors dans le Rhône que l’international fidjien compte changer de statut. Un changement d’air qui pourrait s’avérer salvateur sous la houlette de Karim Ghezal.
Dans un championnat où les ailiers explosifs sont rois, l’ancien toulonnais possède toutes les armes pour briller : vitesse, puissance, flair et ce petit grain de folie typiquement fidjien qui peut faire basculer une rencontre. Reste plus qu’à le prouver sur la durée… Et si c’était la saison de la révélation pleine pour Jiuta Wainiqolo en terres lyonnaises ?
Joseph Manu, Racing 92
Le Top 14 adore les stars venues de l’hémisphère sud, mais certaines signatures dépassent même les standards habituels. C’est peu dire que l’arrivée de Joey Manu au Racing 92 fait figure de tremblement de terre. Double vainqueur de la NRL avec les Sydney Roosters et champion de la Coupe des Pacifiques avec la Nouvelle-Zélande, l’arrière-centre de 29 ans est considéré comme l’un des meilleurs joueurs de rugby à XIII de la planète. De quoi faire saliver plus d’un supporter ciel et blanc.
Si les transitions entre les deux codes ne sont pourtant jamais garanties, le pedigree de Manu parle pour lui. Réputé pour sa puissance, sa vision du jeu et sa capacité à créer le danger, sa venue en France pourrait bien marquer un tournant pour un Racing en pleine reconstruction. Aux côtés de noms de prestige comme Taniela Tupou ou Jonny Hill, l’ex-star star des Roosters rejoint alors un projet ambitieux, construit pour performer en Top 14 comme en Champions Cup. Après une saison cauchemardesque lors du dernier exercice, l’heure est au renouveau côté francilien. Un réveil qui passera, sans aucun doute, par sa nouvelle attraction treiziste.
Si l’adaptation au rugby à XV reste le principal défi à relever (malgré une pige d’un an dans le championnat japonais), Joey Manu aura à coeur de suivre les traces de Sonny Bill Williams ou Semi Radradra, autres légendes passées avec succès d’un code à l’autre. Une chose est sûre : avec lui, les projecteurs seront braqués sur Paris La Défense Arena dès les premières journées.
Nolann Le Garrec, La Rochelle
C’est un transfert qui a agité la planète rugby hexagonale dès son annonce : Nolann Le Garrec, le demi de mêlée du Racing 92 et grand espoir du rugby français, prend la direction de La Rochelle. Un changement d’air cruel pour la formation de Nanterre, qui pensait tenir son maître à jouer pour l’avenir.
Doté d’une vision de jeu rare et d’un jeu au pied chirurgical, le jeune breton s’est imposé ces dernières saisons comme l’un des numéros 9 les plus prometteurs d’Europe. Sa capacité à animer le jeu, à accélérer les tempos et à multiplier les choix justes en fait donc un atout de poids pour n’importe quelle formation ambitieuse. Une belle pioche stratégique pour le club maritime, en quête d’un successeur durable à Tawera Kerr-Barlow.
Si le Néo-Zélandais, en fin de cycle, laisse derrière lui un vide considérable, la relève semble d’ores et déjà assurée. Doté d’une belle expérience du haut niveau malgré son jeune âge, Le Garrec c’est pas moins de 88 matchs de Top 14 et 14 sélections en Bleu (bien que barré par Dupont et Lucu dans la hiérarchie).