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La passe de trois. Dans une finale au scénario haletant, le Stade Toulousain a décroché ce samedi soir son troisième titre consécutif de champion de France. Une victoire arrachée en prolongations (39-33), au terme d’un affrontement d’anthologie face à l’Union Bordeaux-Bègles.


Jelonch A. (30'), Willis J. (39', 45')
Tries
Penaud D. (35'), Jalibert M. (42'), Petti G. (69')
Ramos T. (31', 40', 46')
Conversions
Lucu M. (35', 43', 70')
Ramos T. (4', 20', 55', 63', 96', 100')
Penalties
Lucu M. (2', 8', 26', 80')
Comme depuis désormais trois ans, c’est un Toulouse triomphant qui a démontré, une fois de plus, qu’il était taillé pour les sommets. Presque une évidence, tant ce club semble avoir oublié comment perdre une finale de Top 14. Rugueux devant, solides dans les airs et remarquables d’état d’esprit, les Rouge et Noir ont pourtant dû batailler face à une équipe bordelaise revancharde… bien décidée à laver l’affront de la déculottée encaissée au Vélodrome de Marseille un an plus tôt.
Un scénario hollywoodien
Habitués des sacres domestiques ces dernières années, les hommes d’Ugo Mola ont, comme souvent, régné sur l’Hexagone cette saison. Mais ce n’était pas sans se faire peur sur la pelouse du Stade de France. 3-3, 6-6, 13-9, 13-16, puis 20-16… après un chassé croisé palpitant en première période, avec deux équipes qui n’ont jamais réellement su se détacher, tout restait à jouer après la pause. Un scénario bien loin du cavalier seul de la dernière édition (59-03).
Si l’UBB a alors vite repris la tête au retour des vestiaires, les doubles champions en titre ont ensuite pris les commandes de la rencontre, s’offrant un matelas de 10 points à 16 minutes du terme. Tout droit vers un nouveau Brennus ? Pas si sûr…
Lorsque Thomas Ramos a rajouté trois points de plus au compteur, Jack Willis et ses partenaires, notamment auteur d’un doublé magistral, pensaient bien avoir fait le plus dur. Mais c’était sans compter sur un retour XXL des Girondins, qui ont fait preuve d’une abnégation infaillible dans les derniers instants. Un essai de Guido Petti, suivi d’une pénalité de Maxime Lucu, ont permis aux champions d’Europe d’arracher des prolongations inespérées. Ce match, décidément, refusait de mourir.
Le bonheur prolongé
De l’intensité, du suspense et désormais 20 minutes supplémentaires, cette finale aura tout connu. La meilleure de tous les temps ? Peut-être pas. Mais ce duel chaotique est devenu un vrai classique des temps modernes.
Comme face au Leinster lors de la finale de Champions Cup de 2024, Toulouse a dû passer donc par les tant redoutées prolongations ce samedi soir. Une épreuve, là aussi comme face aux Irlandais, remportée avec brio. Plus forts en conquête en fin de match, les joueurs de ville rose se sont alors appuyés sur la force de frappe de leurs avants pour arracher un nouveau succès. Cette fois-ci, pour décrocher un 24e Bouclier de Brennus : un record absolu.
Impassible depuis le début de la rencontre, Thomas Ramos a inévitablement scellé le sort de ce choc avec une ultime pénalité sur la sirène. 3 points de plus pour l’arrière toulousain, passé à l’ouverture après la blessure de Romain Ntamack, qui aura marqué cette finale de son empreinte.
Cruauté pour l’UBB, extase pour Toulouse
Pour chaque cri de joie des Toulousains, un Bordelais se trouvait prostré sur la pelouse francilienne. Une défaite sans doute plus cruelle encore que celle de l’an passé, tant l’espoir aura tenu jusqu’à la dernière seconde.
Si les pensionnaires de Chaban n’ont en effet pas existé il y a 12 mois, un premier sacre n’aura jamais été aussi proche pour les troupes de Yannick Bru, qui échouent à six petites unités d’un titre fondateur. “On a fait une très bonne saison. Dans la vie, il y a des échecs, et se relever, se remettre au travail, regagner derrière, c'est ça qui est intéressant”, a conclu le manager de l’UBB en conférence de presse. “Ce qu'on a vécu est hyper fort et ça restera à jamais. On aurait aimé conclure par une très belle note, mais c'était sans compter sur le Stade Toulousain”.
D’un épilogue cruel, c’est alors plein de regrets que les Bordelais tombent les armes à la main contre l’ogre Haut-Garonnais et partiront en vacances avec le sentiment d’une occasion en or ratée.